Le Micro Crédit instrument de la création d'activitéCe dossier est une tentative de synthèse de l'approche des politiques de micros crédits coincée le plus souvent entre une logique économique d'aide au développement régional adaptée au 21è siècle – celle dont nous parlerons ici - et une logique d'assistance aux pays pauvres – celles a laquelle pensent la plupart des acteurs lorsque l'on aborde ce sujet (1). Le micro crédit est partout un instrument formidable au service des collectivités territoriales. Mais il n'a ni les mêmes formes ni les mêmes objectifs selon les régions et les contextes économiques où il peut être utilisé. Paradoxalement, les pays avancés sont les moins bien placés dans l'utilisation des micros crédits pour favoriser leur développement local. On peut avancer trois raisons fondamentales. Misère de la prospérité : dans nos contrées on voit mal l'intérêt de soutenir des activités considérées comme insignifiantes voire marginales. Aussi ces micros crédits ne semblent pas être un instrument sérieux au soutien des petites activités dans un pays disposant d'une certaine aisance économique. On les croit simplement utiles pour des populations considérées comme nécessiteuses. Ici l'instrument économique s'efface pour laisser la place à un instrument de politique de lutte contre la pauvreté et d'assistance à des populations en sous-développement économique. La seconde explication vient du fait que dans la majorité des pays intéressés, les gens concernés par le micro crédit ne connaissent pas le statut de salarié. Les travailleurs indépendants y représentent plus de 50% de la population active. Les postulants sont des entrepreneurs, des travailleurs indépendants qui cherchent, grâce aux micros crédits, l'autosuffisance par la capacité à vendre produits et prestations sur leurs marchés. Comme la plupart des postulants hexagonaux actuels, ils sont en situation de créer leur propre activité, leur propre emploi. La troisième tient au coût même de la distribution et de la gestion des micros crédits qui pénalise leur développement hors de systèmes associatifs plutôt mobilisées par l'entraide et l'insertion économique. Saïd Hashemi, du Conseil des Donateurs, un organisme lié à la Banque mondiale « ne pense pas que l'argent pour les prêts soit un problème. Le problème c'est de bâtir un réseau de détail adéquat, adapté à chaque situation (2) ». Il pointe du doigt la maillon faible des micros crédits : le réseau de distribution et de gestion des micros crédits. Nous y reviendrons. Micros-Entreprises, micros crédits : Instruments de soutien économique au développement ou aides aux démunis ? Difficile dans un pays où l'Etat providence fait que peu de gens ont faim, où la majorité a résolu la plupart de ses besoins fondamentaux, de comprendre que les outils de la micro finance ont d'autres buts que de faire œuvre de charité. Idée que réfute d'ailleurs vigoureusement les spécialistes de la question mais idée plutôt répandue généralement. Muhhammad Yunus, économiste bengali, qui commencera par prêter son propre argent afin de soutenir des activités dans son village natal puis qui, compte tenu du succès de son initiative, organisera un système d'épargne solidaire, défendra toujours l'idée qu'il ne s'agit pas de charité mais bien de « business ». Des micros business soutenus par un réseau d'épargnants de proximité. Formé en Inde et aux Etats-Unis, Muhammad Yunus, lancera en 1974 ce qui deviendra la première banque solidaire : la Grammeen Bank, connu aujourd'hui dans le monde entier. Les taux, mêmes s'ils sont loin d'atteindre ceux pratiqués par les usuriers indiens, restent conséquents : la Grameen Bank perçoit un taux d'intérêt de 18%. Mohammad Yunus est persuadé que l'on peut dégager de solides profits en aidant les pauvres: «Les banques peuvent et devraient prêter aux déshérités de cette terre, non seulement par altruisme mais surtout par intérêt personnel. Traiter les pauvres comme des parias est immoral et indéfendable, mais aussi financièrement stupide. » Et les résultats sont surprenants: plus de 95% des prêts sont remboursés. Cette efficacité, qui intéresse toutes les régions qui cherchent des instruments de soutien au développement, est en partie due aux méthodes de la Grameen Bank. Flexibles et bien adaptées aux conditions rurales la Grameen Bank élargie la caution solidaire en réunissant 5 ou 6 emprunteurs provenant de familles différentes pour obtenir le prêt. Si l'une d'entre elles a des problèmes pour rembourser son prêt, tout le groupe assume la responsabilité de trouver une solution. Jusqu'à présent, les micro crédits se sont avérés être le mécanisme d'assistance au développement qui donne le meilleur retour sur l'investissement. L'instrument est si prometteur et ses succès si encourageants qu'Yunus et ses idées accèderont à une grande notoriété internationale. Ce qui lui vaudra de multiplier les interventions pour conseiller les pays en voie de développement mais aussi des nations qui utiliseront de plus en plus ce levier de création de micro activités pour réduire la précarité et la pauvreté dans les quartiers les plus défavorisés. L'idée du micro-crédit a été appliquée partout dans le monde: non seulement en Asie, mais aussi en Amérique latine, en Afrique, et même dans les banlieues pauvres des pays industrialisés, comme à Chicago. Ce qui, effet pervers, achèvera de connoter l'instrument et son usage aux seuls nécessiteux ! La création d'activité, instrument opportuniste d'incitation à la création de son emploiDans les pays dits avancés, de plus en plus de représentants politiques qui constatent les pièges de l'inactivité, demandent que l'on aide davantage les postulants à la création de leur propre emploi. Le caractère extrêmement évolutif tant des technologies que des marchés soumis à une accélération du principe Schumpetérien de destruction/ création de valeur condamne toute approche statique ou malthusienne de la création d'activités. La Cité prend conscience qu'elle doit inciter et soutenir l'esprit d'initiative qu'incarnent en grande majorité les micros entreprises. C'est là que se trouve un formidable gisement d'emplois : dans la liberté d'entreprendre, y compris dans la plus modeste des activités ! Une politique de l'emploi moderne ne peut s'enfermer dans une logique du « tout salariat ». Mais il ne s'agit pas seulement d'inciter ou d'encourager, de motiver, il convient d'enlever des freins, de soulever les nombreux obstacles qui constituent autant de « pertes de chance » que cours tout postulant au travail indépendant (3). Si l'on y consacrait autant d'argent que pour soutenir les travailleurs inactifs ou la réinsertion sur le marché du travail traditionnel, la France, ainsi que sa classe politique, s'apercevrait sans doute que les Français ont autant l'esprit d'initiative que les Américains. L'enjeu est majeur : selon une étude sponsorisée par le Centre d'Etude américain sur les Impôts, 78% des nouveaux emplois créés aux Etats-Unis de 1977 à 1990 l'ont été par des entreprises familiales. Pour un nombre croissant d'entrepreneurs, l'entreprise est "instrumentalisée" ce qui encourage le self employment. Pour servir un objectif d'opportunité, de court terme, et au final pour créer son propre emploi, fut-il transitoire. La grande majorité des jeunes ou moins jeunes créateurs veulent leur activité pour préserver leur indépendance ou, différemment, pour la retrouver. Elle le fait en se lançant, comme la plupart en commençant petites, naines ou pygmées comme les décrits Jean-Michel Yolin qui rappelle joliment que « Les étoiles les plus brillantes ne doivent pas nous aveugler au point de nous empêcher de voir la voie lactée ». C'est là que se trouve un formidable gisement d'emplois : dans la liberté d'entreprendre, y compris dans la plus modeste des activités ! Ces entreprises « familiales » ou pygmées s'attaquent à de petits créneaux de marché dans lesquelles il n'y a pas beaucoup d'économies d'échelle à attendre, (comme d'ailleurs c'est le cas dans beaucoup d'autres secteurs industriels: conseil, design, petits créneaux très spécialisés,...). Elles correspondent une partie significative et tout à fait importante du tissu industriel qui, pour être moins spectaculaire, ne doit pas être négligé : En France 93% de nos très petites entreprises ont moins de cinq personnes à zéro salarié. D'après Jacques Marseille professeur à Paris I seulement 1,8% des Français sont impliqués dans le démarrage d'entreprises nouvelles contre 8,5% aux USA. Les diplômés des grandes écoles d'ingénieurs créent deux fois moins d'entreprises que la moyenne des Français, ce qui n'est pas le cas pour leurs homologues anglo-saxons (4). Depuis la fin des années 90 on peut observer une rupture dans les comportements: le mythe de la sécurité de l'emploi dans les grands groupes ayant vécu, la création d'entreprise présente un intérêt nouveau d'autant que l'attrait de la netéconomie sera un levier de la croissance brutale des vocations de créateurs d'entreprises tant dans les Ecoles d'Ingénieurs que de Commerce. Un patron déclarait récemment aux Echos "avant les étudiants d'HEC nous contactaient en quête d'un stage, aujourd'hui ils viennent nous demander 20MF". Espérons que cette rupture dans les comportement des étudiants de nos grandes Ecoles se maintiendra malgré la chute de la bourse et l'éloignement des espoirs de fortunes faciles et rapides. Créer une entreprise comporte toujours une part de risque. Or le jeune diplômé qui n'est pas encore "installé" dans la vie et qui en général n'a pas encore de charge de famille n'a rien à perdre dans l'aventure, et un échec à ce stade de la vie professionnelle n'est pas pénalisant dans un CV. Il est à une époque de sa vie particulièrement favorable à courir ce risque. Un risque qui sera valorisé par l'arrivée des opportunités offertes par la netéconomie. Les médias ont joué un rôle clé pour la sensibilisation des jeunes à la création d'entreprises et la valorisation de l'entrepreneur dans la netéconomie. Les années 1999 et 2000 ont connu de très positives évolutions dans ces domaines grâce à de nombreuses émissions sur les success stories de la nouvelle économie. Ces initiatives ont sans aucun doute joué un rôle très positif dans le très fort développement des créations d'entreprises Internet en 2000. De ce point de vue, on notera l'insuffisance de la communication des gouvernements sur ces thèmes pourtant décisifs pour l'emploi. Heureusement, les opportunités présentées par les NTIC, (auxquelles ils sont particulièrement bien préparés), joints aux séjours à l'étranger qui leur permettent de prendre des idées qui ne sont pas encore développées en France, fournissent l'occasion du passage à l'acte. Ce que de plus en plus les Grandes Ecoles encouragent et facilitent. L'idée de la création d'entreprise vient d'abord d'exemples vécus par des personnes relativement proches du créateur. C'est la raison pour laquelle le site ebusinessgeneration.com présente plusieurs centaines d'exemples de micros activités en ligne. Pour beaucoup de créateurs dans les NTIC, les stages ou les séjours effectués en fin de scolarité aux Etats Unis et notamment dans la Silicon Valley ont été décisifs. C'est le cas de Michel Meyer créateur de Multimania www.multimania.fr Fabrice Grinda fondateur d'Aucland www.aucland.com ou de Grégory Salinger cofondateur de ChateauOnline http://www.chateau-online.fr par exemple. Par ailleurs devenir entrepreneur est aujourd'hui un projet professionnel qui a un sens à la fois pour ceux qui entrent sur le marché du travail mais aussi pour ceux qui, en s ‘appuyant sur une excellente expertise et un solide carnet d'adresses, en sortent pour des projets plus personnels. Le Net un nouveau gisement de plusieurs millions d'activités en ligne et de télémétiersSi l'e.business, malgré la multiplication des rapports officiels reste un concept un peu vague pour la majorité des français et des élus, une multiplicité d'individus a compris l'intérêt du Net pour se lancer dans les affaires. Le Net permet d'accéder à des gisements de clientèles impossibles à prospecter autrement. Chaque mois 15.000 nouvelles cyber micro-entreprises se montent aux Etats-Unis. La majorité des cyberentrepreneurs considère la netéconomie comme une opportunité à saisir pour se faire une place au soleil. Un état d'esprit qui lui permet de percevoir mieux et plus vite que d'autres ses potentialités. Créer une entreprise dans certains créneaux des technologies de l'Internet ne demande pas une importante expérience professionnelle. D'autant que les créateurs apprennent vite à s'entourer. Les métiers sont radicalement nouveaux. Un jeune aujourd'hui, à la sortie du système scolaire dispose d'un bagage technique et d'idées neuves que n'a souvent pas un cadre plus âgé. eBusiness Generation utilise régulièrement des jeunes gens motivés pour lancer des nouveaux services. C'est le cas avec Stéphan Pazoumian qui dès l'age de 17 ans a pris en main notre rubrique des services gratuits. Même de grandes compagnies s'intéressent à encourager ces « kidsentrepreneurs ». Microsoft vient de recruter 2 consultants : Jennifer Corriero 19 ans et Michael Furdyk 17 ans qui a créé sa première entreprise à 15 ans (MyDesktop.com et l'a revendue depuis). Quelques uns de ces jeunes de moins de 25 ans vont, à partir du soutien apporté par leur famille, lancer des entreprises qui deviendront des succès connus dans le monde entier. Les exemples foissonnent de jeunes qui ont pu lancer – et pas toujours au milieu de la mythique Silicon Valley – des cyber-entreprises de renom. Les fondateurs de Mirabilis (www.mirabilis.com ) n'avaient pas terminé leurs études à l'université de Jérusalem, 18 mois plus tard, ils avaient 10 millions d'utilisateurs sur le Net. Au sortir de leur service militaire, ils ont ressenti le besoin d'un outil permettant à des internautes de bavarder entre eux sur le Web de façon simple et économique: leur ICQ (I seek you) est parti de là. Ils ont revendu leur jeune entreprise 587 millions de dollars à AOL. MP3 a été développé par un jeune étudiant, Justin Frankel, pour stocker des partitions musicales pour ses copains. Eat On Line créé par Sébastien Forest est né, un soir après une longue journée de travail, du constat qu'il était extrêmement long et difficile de se faire livrer un repas à domicile de façon improvisée avec le choix du style de cuisine, la possibilité de consulter une carte...et pas de mauvaises surprises sur la qualité ou les coûts. Teach &Toy est créé par un tout jeune papa, Jean-Baptiste Gayet qui cherchait en vain des jeux éducatifs pour sa progéniture. Les créateurs de Geocities ont, pour leur part, eu l'idée d'offrir gratuitement aux internautes des outils pour créer leur home page ainsi que l'hébergement de celles-ci (3,5 millions de sites, 32 millions de pages vues, valeur boursière 5milliards de dollars. Michel Forgues et Jean Chouraqui, experts et marchands de tableaux à Toulouse souhaitaient pouvoir présenter leurs tableaux à leurs clients. Experts pour Sotheby's ils découvrirent à New York les possibilités d'internet et eurent l'idée de faire fabriquer des cartes format carte de visite la ViewCard, qui grâce à des épaulements et à un équilibrage parfait pouvaient être lues dans n'importe quel lecteur de CD Rom. Catherine Leroy créateur de Pieceunique.com était photographe. De même Yahoo! est partie du constat, en 1995, par deux jeunes universitaires, Jerry Yang et David Filo, qu'il manquait à leurs camarades un annuaire des sites car ceux-ci se faisaient de plus en plus nombreux et il devenait difficile de s'y retrouver: ils lancèrent Yahoo en commençant par le "Jerry's guide to the www". Rappelons nous : Steve Jobs a 21 ans quand il fonde Apple. Signe des temps : Orianne Garcia a 22 ans quand elle crée Caramail revendu 5 ans plus tard 500MF au suédois Spray De son coté, Mike Lynch a 23 ans lorsqu'il fonde Autonomy moteur de recherche contextuel à Cambridge, elle vaut aujourd'hui plusieurs Milliards de $ .Fabrice Grinda fonde Aucland www.aucland.fr à 24 ans, il en a cédé la majorité à Bernard Arnault pour 120MF. Sébastien Pissavy était également étudiant lorsqu'il crée avec ses copains l'Odyssée Interactive, aujourd'hui leader francophone des webzines de jeux. Nicolas Gaume avait 19 ans lorsqu'il créa Kalisto Entertainment www.kalisto.com. Stephan Schambach n'a que 22 ans quand il créé Intershop www.Intershop.com qui est devenu, à côté de SAP, un des leader allemand de la nouvelle économie en l'an 2000. Martha Lane Fox a 25 ans quand elle crée lastminute.com. Marc Andressen est âgé de 23 ans à la naissance de Netscape. Michel Meyer a 25 ans quand il créa Multimania www.multimania.fr, un des sites français, racheté par Lycos, aujourd'hui les plus consultés (hébergement de pages personnelles et de communautés virtuelles)... et il avait déjà créé le célèbre site francophone "the virtual baguette" www.baguette.com lors de son séjour en Californie. Shavin Fanning n'a que 18 ans quand il fonde Napster qui, moins d'un an après sa création, remet en cause le modèle économique imposé jusque là par les 5 majors ébranlant ainsi tout un secteur économique bien établi. Les kids-entrepreneurs se lancent de plus en plus tôt sur le net. Marco Börries n'avait que 16 ans lorsqu'il a créé Star Division (logiciel libre qui a conquis 30% du marché allemand de la bureautique et qui vient d'être racheté par Sun). Alex Hartman, était lycéen et avait 17 ans quand il a signé un contrat de 1 million de dollars pour un logiciel simplifiant les connections internet: il avait fondé à 15 ans son entreprise Amicus www.amicus.com. Sans compter les nombreux sites qui, sans être des entreprises, recueillent déjà un trafic très significatif alors que leur créateur est encore en culotte courte: un site de "confession" www.javoue.com réalisé par Daniel 14ans cité par Le Monde ou encore les innombrables sites de ventes ou d'échange de jeux comme les Pokémon . Ces entreprises, très nombreuses dans tous les pays où Internet s'est développé, même si elles ont vocation à rester petites, représentent un grand nombre d'emplois individuels. Les investissements nécessaires sont limités: pour favoriser leur développement, outre ce qui a été dit en terme d'actions de formation et de sensibilisation, l'action la plus utile au niveau des pouvoirs publics est sans aucun doute de favoriser l'émergence de la demande et d'alléger encore les charges concernant les micros entreprises. Fait intéressant , de même, qu'il n'a pas fallu être une grande expérience professionnelle pour se lancer, la demande de capitaux restent souvent très modeste. Les besoins : la cyber-entreprise est économe en fonds de départPour un entrepreneur français la création d'une SARL mobilise au minimum 7600 euros ( 50 000 francs) et environ 1525 euros (10 000 francs) de frais d'actes administratif et juridique, alors que la création d'un site sur Internet va se monter entre 915 euros et 1525 euros (6 000 et 10 000 francs). En 1998, sur 166 000 créations d'entreprises 130 000 avaient un budget de départ inférieur à 5 340 euros (environ 35 000 fr) (5). C'est dire que l'investissement de départ disponible reste faible pour une grande majorité des créateurs d'entreprises. C'est dire aussi le vif intérêt de ces créateurs pour l'investissement modeste que représente la réalisation d'un site sur Internet: de l'ordre de 1500 à 3000 euros. Beaucoup d'internautes ont compris le parti qu'il pouvait tirer de ce faible coût d'entrée dès lors qu'il retardait au maximum la légalisation de leur site afin de tester leur idée de service en ligne. Au moins dans un tout premier stade, créer une entreprise dans ce domaine, demande très peu de capitaux. Pour certaines entreprises de services les besoins initiaux sont quasi nuls. CDNow www.cdnow.com a démarré dans le traditionnel garage familial, Rouge-Blanc www.rouge-blanc.com (négoce international de vin) a démarré en 1997 avec 50.000F, Vinternet www.vinternet.fr a été créé par Marc Perrin et Rodolphe Boivin (27 ans chacun). Avec la même somme Teach&Toy est créé en 1996 par Jean-Baptiste Gayet, avec 30.000F www.teachandtoy.com (dont 2.000F pour le site, 1.500F pour le logiciel serveur sécurisé SSL, plus le coût du dépôt de marque à l'INPI www.inpi.fr . L'Odyssée interactive www.jeuxvideo.com démarré avec les économies des étudiants créateurs s'est autofinancé. Catherine Leroy, PieceUnique.com témoigne : mon site me coûte 39$/mois pour l'hébergement, 35$/mois pour le système de paiement et 24$/mois pour un accès permanent à internet. Il est vrai que ce sont des tarifs américains. C'est lors de leur développement possible que se posera le problème d'argent pour l'entrepreneur débutant. Les très petites entreprises sont dispersées et inorganisées et parfois installées sur des créneaux « exotiques » ou atypiques qui désarçonnent les banquiers. Aussi leur est-il difficile de se faire entendre et de se faire aider efficacement par le secteur bancaire traditionnel. Certes le banquier traditionnel, le prêteur de deniers, ne peut se permettre que des risques que très limités. Le voudrait-il d'ailleurs qu'il ne le ferait sans doute pas avec bonheur car son personnel n'a pas été formé pour cela et en serait bien incapable. Il n'en reste pas moins que dans la limite des contraintes de son métier il doit être capable de fournir à la jeune entreprise de façon simple et rapide les moyens techniques de "faire tourner sa boutique" (en particulier pour la trésorerie). Les créateurs rencontrés par Jean Michel Yolin ont insisté en particulier sur un point : l'autorisation "VAD" (vente à distance) qui permet à un commerçant d'encaisser les paiements par carte de crédit pour les ventes en ligne et qui n'est aujourd'hui accordée qu'au compte-gouttes alors même qu'elle laisse tout le risque au commerçant.... Devant ces réticences des solutions palliatives se mettent en place pour la vente en devises: " we need banking...", C'est le cas de la start-up beweb Securipay www.securipay.com (la compensation se fait sur la banque Natwest), américaine de Ibill www.ibill.com et CCBill www.ccbill.com ou anglaise Datacash www.datacash.com. Mais évidemment elles se payent parfois cher: chez Securipay par exemple les commissions commencent à 15% des ventes en l'absence de contrat VAD (87 monnaies, pas de commission de change) Notre secteur financier reste pour le moins pusillanime. Selon la commission européenne, les industries européennes des technologies de l'information n'avaient reçu que 17% des investissements du capital risque contre 55% aux USA D'après une étude de MGT sur l'année 1997 l'écart entre France et Etats unis sur ce domaine état de 1 à 40, rien d'étonnant que les Etats-Unis mènent la danse dans tous les registres des soutiens financiers aux créations d'entreprises, y compris les « smalls business ». Les fonds d'aides à la création d'entreprises restent d'accès complexeCes fonds s'investissent aujourd'hui pour l'essentiel dans les NTIC. Ils sont pour une grande part d'origine américaine. Les fonds de pension des Etats-Unis y consacrent aujourd'hui entre 2 et 3% de leurs investissements, ce qui représente des sommes considérables (6). Ces fonds américains agissent en France (ils investissent 10% de leurs fonds en Europe) comme Apax Partner www.apax.com), Maurice Tchénio, Edgard Misrahi (N°2 en terme de montant investi en France avec 236MF, Atlas Venture www.atlasventure.com , Joël Besse et Jean-Yves Quentel (2,4 milliards de francs levés), & Andersen Consulting (1 Milliard de $ levés), Carlyle Group de Jacques Garaïalde (730M$ levés). Des fonds européens aussi comme l'anglais 3i www.3i.com Clément Cordier Frédéric de Broglie et Thomas Gubler (N°1 en terme de montant investi en France avec 274MF), JellyWorks ou NewMedia Spark, l'Allemand PopNet, le Néerlandais ABN Amro Venture Dominique Agrech (131 MF investis en 99) En France, de nombreux dispositifs sont à la disposition des PME innovantes ces dispositifs, comme les fonds de Corporate Venture, Sofinnova Jean-Bernard Schmidt Sofinnova Partners Olivier Protard et SofinnovaVentures Alain Azan (avec son 12ème fonds de 200M$) www.sofinnova.fr , Jet Venture Eric Payre (100MF levés), AXA Innovation (135MF investis en 99), Auriga www.auriga-venture.com , (410 MFlevés) Galileo Partners Joël Flichy et Christophe Viet 139MF investis en 99 www.galileo.fr, Europ@web. Chahram Bechara avec 3,3 milliards de Francs levés www.europatweb.com. Innovacom : www.innovacom.fr avec Denis Champenois, 202MF investi en 99. Spef du groupe Banques Populaires :132MF investi en 99. Net Discovery de la Financière de Rotschild, Christian Deblaye et Didier Benchimol, (100M$ investi en 99), Intuitu Capital www.intuitu-capital.com. Apollo Invest Hervé Giaaoui. Laurent Assher et Xavier Schallebaum (100MFlevés), Seeft Venture Régis Saleur. Ventech www.ventech.fr, Viventure www.vivenditure.com Besnoit Grossman 119MF investi en 99, Siparex www.siparex.com Dominique Nouvelet Paul Tholly (3 milliards de F d'actif), ainsi que la Caisse des Dépôts www.cdcinnov.com, Partech Jean-Marc Patouillaud (dg) 300M$ levés, France Finance et Technologie ° Bernard Vergnes, Financière de Brienne, Kairos, Part'Com Pierre de Fouquet (dg),Antoine Garrigues Newport, FD 5, Trinova, Turenne Capital Partenaires, Mars Capital, Frnetwork (Financière Rembrandt), Crescendo Venture, T Venture, Pythagoras, Guillemot Venture, Net Partners, ADD Partners, NetsCapital, Prescott SA, Innova France. Citons encore, les FCPI (fonds communs de placement innovation) et les contrats DSK assurance vie dont 5% sont investis dans des sociétés non cotées ou inscrites au second marché), qui bénéficient d'avantages fiscaux. Ils ont lui apporté de nouveaux capitaux (estimés à moyen terme à 13 milliards de francs, dont 3 milliards vers le nouveau marché). Il en est de même pour la dotation d'un fonds de 600 millions de francs gérés par la Caisse des Dépôts et Consignations qui est destiné à abonder les fonds privés de capital risque. En plus 300 millions en provenance de la banque européenne d'investissement sont venus compléter en 1998 un dispositif qui pourrait au total générer entre 4 et 6 milliards de fonds propres pour les PME innovantes ou de haute technologie. Autant d'instruments encore une fois bien loin du profil de nos micros activités. Coûts d'entrée élevés. Conditions d'accès au moins aussi difficiles ou opaques qu'un crédit classique. Contraintes de rendements financiers ou de réalisations d'objectifs incompréhensibles pour un néophyte. Toutes ces aides sont bien loin des logiques du « small business » ou des micros entreprises créées par des gens à des années lumière de la culture financière et économique des fonds d'investissements. Le réseau de distribution : le maillon faible du micro-créditEn creusant la question des activités de micros crédits on découvre que la plupart des initiatives se heurtent à la difficulté de maîtriser les coûts de distribution et de gestion des micros crédits. Les mécanismes d'engagement des sociétés qui ont des fonds importants à investir, nécessitent une étude de dossier "sérieuse" et, de ce fait, onéreuse, 200 KF en moyenne. Comme seulement un dossier sur 10 est financé cela veut dire que le coût d'entrée dans une entreprise est majoré de ces frais d'étude soit 2 MF. On comprend bien dans ces conditions que de telles sociétés ne peuvent pas se "pencher" sur des petits projets ne nécessitant pas au minimum 5 MF. Ces investisseurs du Venture capital, qui ne manquent pas de ressources financières, disent ne pas recevoir de "bons dossiers" (sous-entendu "qui sont à une phase de maturation justifiant d'y investir 5 à 10 millions de Francs). Ne parlons pas des coûts d'introduction qui peuvent être encore bien supérieurs aux frais d'étude de dossier du capital risque. Même constat pour des petits dossiers cette fois ci: pour 50 000 FF de crédit, il peut y avoir plus de trente heures de travail. L'Adie (Association pour le Droit à l'Initiative Economique) à elle seule, reçoit plus de 10 000 demandes par an. Un des problèmes permanents est le coût élevé des petits crédits. Leur traitement coûte à la banque le même montant qu'un gros crédit et plus il y a de petits crédits plus les coûts administratifs sont élevés. Un américain spécialisé en micro crédits intervenant dans un forum de globanet.org remarque que « pour un dollar prêté, cela coûte 1,5 dollar », ce qui explique le manque de succès de ces formules aux USA. Pour lui les services sociaux surévaluent les potentiels et sous évaluent les risques. Bref un système lourd et au fonctionnement coûteux se met en branle qui devient un handicap structurel à l'accès et la bonne distribution des micros crédits. Pourtant l'affaire ne devrait pas être insurmontable. Il ne s'agit pas de brader les crédits à la création d'entreprise. Les experts sont unanimes : il n'y a pas d'avantages à subventionner des programmes de micros crédits pour maintenir les taux d'intérêt artificiellement bas. Les taux d'intérêt élevés associés au micros crédit ne sont pas un problème majeur pour le bénéficiaire. "Le coût du crédit n'est un élément décisif. Ce qui peut être beaucoup plus important c'est le délai de remboursement et l'adéquation entre les conditions mises par la banque et les conditions dans lesquelles se trouve l'entrepreneur pour honorer le remboursement, » indique un spécialiste de ces questions, qui ajoute que les banques ont besoin de davantage de flexibilité dans la réglementation pour travailler avec les micros entrepreneurs. Déjà, afin de faciliter l'accès au capital de proximité de plus en plus de sociétés de capitaux de proximité, souvent encouragées par les pouvoirs publics locaux bénéficient de l'appui technique et financier de la Caisse des Dépôts. Une quarantaine d'instituts régionaux de participation actionnaires de 2.000 entreprises, ont bénéficié de 400MF d'apport en capitaux de la Caisse dans le cadre du programme PME piloté par Albert Ollivier. Ces opérateurs investissent plus de 400MF par an, dont 10% pour la création d'entreprises, et ont une capitalisation cumulée de 3,5 Milliards de Francs. Nord création par exemple, créée en 1991 compte parmi ses actionnaires les syndicats tant patronaux que de salariés et la Caisse des Dépôts. Elle a accompagné 66 créations d'entreprises pour un engagement moyen de 225 kF. Mais parfois les procédures d'aide peuvent être contre-productives lorsque leur perfectionnisme est excessivement chronophage. De nombreux créateurs insistent sur le fait que certains gestionnaires privilégient le "bon dossier" par rapport au "bon projet". Or la vitesse est, dans les secteurs des NTIC, le facteur essentiel de la réussite. Sans compter sur le fait que les aides publiques sont généralement incompatibles avec les services d'infomédiation en ligne. Bien adaptées au financement de innovations technologiques, les aides publiques (ANVAR, DRIRE, aides des collectivités locales,...), permettent d'apporter une contribution substantielle au plan de financement. Elles sont moins à même d'investir dans les innovations d'usage issues d'une analyse des besoins du marché de l'infomédiation comme E-trade, E-bay ou Autobytel, alors que ceux-ci représentent une part très importante des succès de grande ampleur outre-atlantique. L'Anvar a décidé d'étendre son champ d'intervention à l'innovation en terme de modèles économique et d'y consacrer à terme 10 à 15% de son budget. Mais ce sont des procédures qui ont des difficultés à s'adapter à des innovations d'usage ou sur de micros activité en ligne où les expériences « essais-erreurs » deviennent plus importantes que les notions de "R&D", "prototype", "ingénieur de recherche"... avec lesquelles elles sont en complet décalage. Aussi l'accès aux crédits pour les micros activités reste limité faute d'une « bonne distribution ». Comme l'explique Benoît Granger, spécialiste de la finance solidaire auprès de la Commission européenne, « le problème est simple. Les petits prêts ne présentent pas un risque considérable par rapport aux autres s'ils passent par de bons filtres. Le problème vient des coûts d'accompagnement des structures spécialisées (7). » Reste à mettre en place des dispositifs de nature à faciliter les octrois de prêts et le suivi par les banques. Pour elles, les micros crédits aux entreprises ne sont pas de produits rentables. Celles ci joueront le jeu dès lors qu'elles n'ont pas à supporter les coûts de distribution et de gestion des micros crédits. Cela peut se faire par l'Internet qui permet d'étendre ces services de micros crédit aux zones rurales et aux collectivités territoriales de s'imposer dans l'utilisation d'un outil majeur pour leur développement.. En attendant la cellule familiale et le cercle d'amis sont mobilisés pour aider au lancement de l'activité naissante. Entre "love money" et "capital risque". : les réseaux d'épargnes solidairesLe « love money » c'est l'argent qu'apporte la famille et les amis, plus par affection que comme placement financier. Le seul critère de "filtrage" est la confiance dans le sérieux du créateur. Par extension des structures, comme celles qui sont réunies dans la Fédération des associations "Love Money pour l'Emploi" http://www.love-money.org ou comme le réseau Entreprendre pour créer des employeurs www.reseau-entreprendre.org et qui fonctionnent avec des frais de gestion réduits grâce à des bénévoles peuvent être classés dans cette catégorie. En dehors de cas exceptionnels, le montant de l'intervention des familles et des amis dépasse difficilement 300 à 500.000 F. "en décembre 1995 j'ai envoyé sans succès une demande à 6 capitaux risqueurs, je me suis donc rabattu sur des financements en provenance d'amis ou de relations" raconte Gilles Guesquière co-fondateur de Nomade www.nomade.fr. Cas tout à fait exceptionnel: Integra dont les quatre fondateurs (Philippe Guglielmetti, Pierre Gérard, Georgie Kishtoo et William Rizzo) ont réussi à récupérer 3 MF auprès de 70 amis et amis d'amis, ce qui leur a permis le premier développement et l'accès au capital risque (8MF puis 46MF de capitaux levés) Par ailleurs nous trouvons de véritables parrains – les capital risqueurs - la plupart chefs d'entreprises, qui apportent aux jeunes créateurs argent et expériences. Bien qu'encore modeste leur influence aura été capitale dans la culture économique française qui considère que toute forme de solidarité doit venir des interventions de l'Etat - En 1999, la capacité d'investissement des parrains ( ou business angels) aux USA était supérieure a 20 milliards de dollars, "contre seulement 1 Milliard de Francs soit 140 fois moins en France" d'après Yves Delacour de Leonardo. Ce développement s'explique en partie par les succes stories qu'ont connu ce pays et par les rachats de petites sociétés prometteuses par des grands groupes qui ont permis aux anciens créateurs de démultiplier leurs capacités d'entreprendre en investissant sur de jeunes entrepreneurs. Reste que beaucoup de chefs d'entreprises ont une volonté d'entreprendre chevillée au corps et leur volonté de "faire fortune" n'est souvent pas leur motivation principale. Certains expriment l'idée que l'entreprise qu'ils avaient créée au départ leur avait apporté des joies analogues à celle ressenties avec leurs propre progéniture. Certains, à travers leur métier de Business Angels, retrouvent les plaisirs des grands-parents : la joie des parents sans les soucis de tous les jours "j'apporte de l'argent et de l'expérience, c'est à dire tout ce qui manque généralement au créateur" déclare Patrick Le Granché à Cherbourg, 43 ans qui a revendu la première société qu'il avait créée à McAfee pour une dizaine de millions et qui a déjà en un an et demi aidé 5 créateurs ( virtools dans les logiciels de jeu, Jet spécialisé dans les outils de formation,...). Ces investisseurs capables de parrainer des entrepreneurs sont quasiment toujours des industriels (et non des financiers), qui bien souvent ont créé eux-même une entreprise, voire sont des multirécidivistes, (Serial entrepreneurs), Le rapport 2002 sur le rôle d'Internet dans l'économie de Jean Michel Yolin cite par exemple ; Marc Fourrier, Thierry Leyne (Consor France), Alain Roubach (Léon de Bruxelle), Jean Guetta (Saari), Gilles Pelisson (Disney), Charles Petruccelli (American Express), André Levy-Lang (Paribas), Jean-François Lepetit (BNP), Pierre Sissmann (Disney) Marc Vasseur (Genset) Arnold Raichler (Partner Jouet), Frank Thénot (Filipacchi), Bernard Vergnes (Microsoft). Ils ont de l'argent, du temps, de l'expérience, une connaissance du marché, un bon carnet d'adresse et une crédibilité sur la place. Ce peut être aussi parfois des consultants comme Claude Rameau (ex-doyen de l'Insead), Michel de Guilhermier ou Jean-Baptiste Daguerre. C'est de plus en plus des créateurs de start-up Internet qui ont revendu leur entreprise comme Denis Payre (Business Object) Patrice Magnard (Alapage vendu 200MF) Patrick le Granché (Vif et Assurdata) Gilles Ghesquière (Nomade) Loïc Lemeur (Rapidsite) ou qui sont devenus riches après une introduction en bourse comme Serge Cuesta (Boostworks), Didier Benchimol (Imediation), Dominique Louis (Assystem), Fabrice Grinda (Aucland) Patrick Robin (Imaginet) Yacov Gorsd (Cibox), Marc Lassus (Gemplus), Huber Zimmermann (Chorus Systèmes), Denis Lafond (FI System), Louis-Christophe Laurent (GL Trade) . Quelques régions prennent également des initiatives comme Rhone-Alpes avec Capital Link à Grenoble www.lyon-infocite.org et Léonardo développe ses antennes en province avec la formule des "petits déjeuners" (Lille, Toulouse-Bordeaux,...) On peut voir également : www.defi-startup.com , , www.ipen.com , , www.financement-pme.com www.europe-acquisitions.com, www.ac.com, www.proxicap.com, www.apce.com, www.capital-initiative.com, www.capital-investissement.com , www.updesk.net, croissanceplus.com, www.network-conseil.com, www.people-international.com On peut regretter que ces réseaux de parrainages ne soient pas mieux connus et surtout que les groupement locaux d'employeurs tout comme les grandes sociétés ne soient pas encouragés à intervenir plus activement dans ce levier de création de richesses et d'emplois. Le nouveau prêt de la BDPME devrait ouvrir les portes de la reprise d'entreprise aux Très Petites Entreprises (TPE). Cette offre disponible permet depuis avril 2002 de réaliser des petites transmissions sur le modèle du prêt à la création d'entreprises (PCE) – apport en fonds propres + prêt bancaire – qui connaît déjà un franc succès. Différentes modalités seront possibles en fonction des montants mis en œuvre. Le terme est fixé à 7 ans et la société pourra bénéficier d'une garantie SOFARIS adossée au prêt bancaire. La première phase du lancement consiste en une expérimentation pendant l'année 2002, afin de peaufiner les différents paramètres de l'offre. « Le caractère flexible de notre approche nous permet d'être à l'écoute des entreprises pour améliorer le concept », explique Ariane Obolensky, présidente du directoire de la BDPME. Des charges contraignantes pour l'exploitation. A présent, les TPE ont du mal à gérer la reprise d'entreprise.« Lors de ce type d'opérations, l'exploitation est entravée par des charges de remboursement trop lourdes, ce créneau restant encore mal couvert. Les entreprises et les banques attendent avec impatience le lancement de ce prêt », indique Ariane Obolensky. Pour les banques, un engagement sur une reprise d'entreprise est très risqué, ce qui se traduit par des montants parfois excessifs à régler qui peuvent conduire au dépérissement des sociétés concernées. Cette nouvelle initiative s'inscrit dans la volonté de la BDPME d'élargir son éventail d'intervention. L'année 2002 a confirmé le rôle de plus en plus important de cette institution qui soulage les banques en partageant les risques. Malgré une conjoncture difficile en 2001, plus de 49.000 PME ont bénéficié de son intervention contre 45.000 en 2000. La prise de risque a augmenté de 2,9 milliards d'euros en 2000 à 3,2 milliards cette année, ce qui a permis la mise en place de 7,6 milliards de financement. Les commandes publiques, un mode de financement à court terme, se sont montées à 4,4 milliards contre 4,2 milliards l'année précédente, la demande forte étant bridée par l'offre. La BDPME répond donc à un besoin croissant de partage de risques de la part des banques. La majorité de ses interventions sont des prêts dédiés à la création et à la transmission d'entreprise, «les passages les plus risqués de la vie d'une entreprise » selon la BDPME. Le rythme de mise en place des PCE s'accélère d'ailleurs, atteignant 1 milliard d'euros de financements. Cette somme a permis la création de 22.000 entreprises contre 13.000 seulement en 2000. « Le PCE est bien paramétré à la demande des PME », explique Ariane Obolensky. Les besoins moyens du créateur sont de 23.971 euros, le PCE se montant généralement à 6.530 euros qui s'additionnent à 9.873 euros de prêt bancaire associé, soit 16.403 euros ou 68% du besoin de financement moyen. Le reste est composé de fonds propres. Ce prêt a aussi fait l'objet d'une période d'expérimentation qui lui a permis de correspondre plus précisément aux demandes des banques et des entreprises. Pour 2002, Ariane Obolensky attend une croissance régulière de l'activité de la BDPME. « La conjoncture actuelle n'a pas eût d'effet notable sur les PME. Toutefois, les banques sont plus que jamais désireuses de partager les risques pour se garantir contre toute défaillance. » La
nécessité de multiplier des plates-formes d'initiatives locales
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